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Homère - Όμηρος (VIII avant JC) poète antique dont
découle les premières oeuvres de la littérature grecque et en conséquence Européenne, auteur
de L’Iliade et de l’Odyssée. Outre ces deux chants, il aurait été l’auteur
d’autres épopées du cycle Troyen notamment (Κυπρία Έπη -poème en 11 livres),
d’hymnes religieux, dont une épopée parodie portant le titre βατραχομυομαχία
(Le combat des grenouilles et des rats) en 300 vers qui est une parodie de
l'Iliade ainsi qu’un récit comique dont le héros est un idiot se prénommant
Μαργίτη - mentionné par Aristote (Ποιητική IV, 1448. b,10)- Les hymnes
homériques attribués dans l'antiquité à Homère sont mentionnés pour la
première fois par Thukydides et selon Wolf dans "Prolegomena ad Homerum" ils
servaient de prélude aux aèdes.
Sept cités grecques se disputent le privilège
d'avoir vu naitre Homère - Rhodes, Chio, Argos, Salamine, Athènes, Colophon,
Smyrne - Les lieux les plus probables seraient Smyrne ou Chio.
La langue d'Homère
La langue utilisée par Homère
emprunte surtout deux dialectes qui sont le Ionien et l'Eolien
principalement parlés en Asie Mineure. Certaines
formes
également renverraient au Mycénien. Les récits des épopées respectent
l'hexamètre (vers en six pieds).
Le verbe être où l'on notera
des formes irrégulières
ἔσσι
=>
εἶ
ἔσσεαι
=> ἔσει
ἔσσεται
=> ἔσται
ἔην
/ ἦεν
=> ἦν
ἔσαν
=> ἦσαν
L'utilisation du
F(digamma)
ἐσθλὸν δ’ οὔτέ τί πω
[Ϝ]εἶπες [Ϝ]έπος οὔτ’ ἐτέλεσσας
et jamais rien de bon n’a pu sortir de tes paroles
Certaines terminaisons adverbiales sont
utilisées dans la déclinaison :
-θεν pour le génitif
et -φι pour le
datif.
L'épithète
homérique n'a pas pour seule fonction de caractériser un héros mais fournit
à l'aède des morceaux de vers tout préts
ὣς
φάτο, γήθησεν δὲ / πολύτλας δῖος Ὀδυσσεύς - à ces mots, fut rempli
de joie / le divin Ulysse, l'endurant , Od., XIII, 250).
Un des plus anciens
papyrus de l'Odysée

Jugements sur Homère
WERNER
JAEGER
«Homère reste pour nous le représentant de la civilisation grecque
archaïque. Nous avons déjà parlé de sa valeur en tant que témoin historique
de la société héllénique la plus ancienne, mais son immortel tableau du
monde chevaleresque antique est plus que le reflet involontaire de la
réalité dans une oeuvre d'art. L'aristocratie, avec ses fières traditions et
ses idéaux exigeants, permit à la poésie homérique d'exprimer l'une des
formes les plus hautes de la vie de l'esprit; et c'est d'ailleurs ce qui
explique que les poèmes eux-mêmes vivent et émeuvent. Ainsi, en ce qui
concerne l'Iliade, son essence spirituelle profonde est le caractère
pathétique et le destin héroïque de l'effort humain; l'Odyssée, pour sa
part, s'inspire de la psychologie de l'homme dans le cadre d'une culture et
d'une morale pleines de noblesse. La société qui suscita un tel genre de vie
périt elle-même sans laisser de trace; mais l'image qu'en donna l'art
d'Homère devait former l'idéal de base de toute la culture héllénique.
Hölderlin a dit: "tout ce qui dure et l'oeuvre du poète".» (Paideia,
la formation de l'homme grec)
VICTOR
HUGO
«Homère est un des génies qui résolvent ce beau problème de l'art, le plus
beau de tous peut-être, la peinture vraie de l'humanité obtenue par le
grandissement de l'homme, c'est-à-dire la génération du réel dans l'idéal.
Fable et histoire, hypothèse et tradition chimère et science, composent
Homère. Il est sans fond, et il est riant. Toutes les profondeurs des vieux
âges se meuvent, radieusement éclairées, dans le vaste azur de cet esprit.
Lycurgue, ce sage hargneux mi-parti de Solon et de Dracon, était vaincu par
Homère. Il se détournait de sa route, en voyage pour aller feuilleter, dans
la maison de Cléophile, les poêmes d'Homère, déposés là en souvenir de
l'hospitalité qu'Homère, disait-on, avait reçue jadis dans cette maison.
Homère, pour les grecs, était dieu; il avait des prêtres, les homérides. Un
rhéteur s'étant vanté de ne jamais lire Homère, Alcibiade donna à cet homme
un soufflet. La divinité d'Homère a survécu au paganisme. Michel-Ange
disait: Quand je lis, Homère, je me regarde
pour voir si je n'ai pas vingt pieds de haut.
Une tradition veut que le premier vers de
l'Iliade soit un vers
d'Orphée, ce qui, doublant Homère d'Orphée, augmentait en Grèce la religion.
d'Homère.» (William Shakespeare)
HANNAH
ARENDT
«On ne comprend le prestige de l'Achille homérique qu'en le regardant comme
"faiseur de grandes actions et diseur de grandes paroles". [...] La pensée
venait après la parole, mais l'on considérait le langage et l'action comme
choses égales et simultanées, de même rang et de même nature; et à
l'origine, cela signifiait non seulement que l'action politique, dans la
mesure où elle ne participe pas de la violence, s'exerce généralement au
moyen du langage, mais de façon plus fondamentale, que les mots justes
trouvés au bon moment sont de l'action, quelle que soit l'information qu'ils
peuvent communiquer. Seule la violence brutale est muette, et c'est pourquoi
elle ne saurait avoir de grandeur.» (La
Condition de l'homme moderne)
SIMONE
WEIL
«L'Illiade
est une chose miraculeuse. L'amertume y porte sur la seule juste cause
d'amertume, la subordination de l'âme humaine à la force, c'est-à-dire, en
fin de compte, à la matière. Cette subordination est la même chez tous les
mortels quoique l'âme la porte diversement selon les degrés de vertu. Nul
dans l'Iliade
n'y est soustrait, de même que nul n'y est soustrait sur terre. Nul de ceux
qui y succombent n'est regardé de ce fait comme méprisable. Tout ce qui, à
l'intérieur de l'âme et dans les relations humaines, échappe à l'empire de
la force, est aimé, mais aimé douloureusement, à cause du danger de
destruction continuellement suspendu. Tel est l'esprit de la seule épopée
véritable que possède l'Occident.» (La Source
grecque)
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